Auteur :
Pierre-Clément
Directeur de la publication.
Netflix a publié le 29 juin 2026 un nouveau point sur la tournée promotionnelle de The Hawk, quelques jours après la bande-annonce officielle mise en ligne le 25 juin. La série comique portée et créée par Will Ferrell doit arriver sur Netflix le 16 juillet 2026, mais sa campagne se distingue déjà par un choix précis : faire exister Lonnie “The Hawk” Hawkins comme une fausse célébrité sportive avant même la sortie des épisodes.
Le personnage n’est pas seulement présenté dans une bande-annonce. Netflix le fait circuler dans des événements physiques, sur un bus promotionnel, sur un compte Instagram officiel et jusque dans une campagne SKIMS publiée par la marque le 29 juin. Pour une comédie de plateforme, ce dispositif est plus parlant qu’un simple enchaînement d’affiches : il teste la capacité de Will Ferrell à installer un alter ego immédiatement reconnaissable dans l’espace public, comme il l’a souvent fait au cinéma avec des figures de masculinité sûre d’elle-même et profondément ridicule.
Selon Netflix Tudum, la tournée The Hawk a été lancée par une conférence de presse au World Golf Hall of Fame de Pinehurst, en Caroline du Nord, le 18 juin. Elle est ensuite passée par les Hamptons le 20 juin et le Travelers Championship Pro-Am à Cromwell le 24 juin, avant une étape annoncée à Netflix House, à King of Prussia en Pennsylvanie, les 12 et 13 juillet. Le principe n’est pas seulement d’exposer une nouvelle série : les arrêts promettent jeux, cadeaux, photos et apparitions possibles de Lonnie Hawkins lui-même.
Cette mécanique colle au sujet de The Hawk. Will Ferrell y incarne Lonnie Hawkins, ancien numéro un du golf en 2004, convaincu qu’il peut encore décrocher le dernier tournoi majeur qui lui manque pour compléter son Grand Chelem. Netflix présente aussi son fils Lance, joué par Jimmy Tatro, comme un nouveau rival sportif ; Molly Shannon interprète Stacy, l’ex-femme de Lonnie ; Fortune Feimster joue sa nouvelle caddie Sam ; Luke Wilson incarne Golden Fisk, adversaire déjà vainqueur de Lonnie à deux reprises.
La bande-annonce officielle ne vend pas The Hawk comme une série sportive réaliste. Elle met en avant une humiliation ancienne, une obsession de revanche et un héros qui confond constamment grandeur et malaise. Netflix relève notamment que Lonnie pense au jingle des Baby Back Ribs de Chili’s avant de jouer, que son bus à son effigie occupe une place visible dans la campagne, et que le conflit avec son fils passe par une scène où Lance affirme que les autres l’appellent désormais “The Hawk”. La rivalité familiale devient ainsi le moteur comique le plus lisible.
Le détail le plus utile tient à la place du PGA TOUR. La page de présentation publiée par Netflix indique que le PGA TOUR est partenaire de la série. The Hawk ne se contente donc pas de parodier le golf depuis l’extérieur : la production s’appuie sur l’institution sportive réelle tout en construisant un champion fictif grotesque. Cette proximité donne plus de poids à la tournée, qui investit des lieux et événements liés au golf au lieu de rester cantonnée à une promotion numérique.
La campagne SKIMS publiée le 29 juin par le compte officiel de la marque va plus loin que le partenariat décoratif. Le message met en scène @LonnieTheHawk comme modèle SKIMS Mens et renvoie explicitement à la sortie de The Hawk sur Netflix. Le personnage devient donc le visage d’une publicité réelle, pas seulement d’un sketch intégré à la série.
Ce choix fonctionne parce qu’il reprend un ressort central de la comédie de Ferrell : un homme persuadé d’être une icône, alors que son image publique menace de le contredire à chaque instant. Dans The Hawk, cette tension est déjà contenue dans le pitch : Lonnie a été le meilleur en 2004, son corps lui dit d’arrêter, mais son orgueil continue d’écrire une autre histoire. La campagne extérieure transforme ce décalage en preuve visuelle avant la première minute du premier épisode.
Netflix insiste sur un point rare dans la trajectoire de Will Ferrell : The Hawk est sa première comédie télévisée. La précision compte, car l’acteur a bâti une grande partie de son image dans des films où le personnage existait souvent au-delà du récit, de Ron Burgundy à Ricky Bobby. Ici, Netflix tente de reproduire cette logique dans un format sériel, avec une campagne qui donne à Lonnie Hawkins une existence médiatique autonome.
L’enjeu sera de savoir si cette énergie promotionnelle tient sur plusieurs épisodes. La bande-annonce et la tournée montrent efficacement le costume, le vocabulaire, les rivaux et le ridicule du héros. La série devra ensuite transformer cette figure de campagne en personnage durable, capable d’exister au-delà de la pose publicitaire. C’est là que The Hawk jouera sa vraie partie : non pas prouver que Will Ferrell peut encore fabriquer une silhouette comique forte, mais montrer qu’elle peut soutenir un récit de plateforme jusqu’au bout.
