Dossier 137 : Dominik Moll plonge au cœur de l’IGPN

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Dossier 137, le nouveau film de Dominik Moll sorti le 19 novembre 2025, plonge dans les rouages de l’IGPN à travers l’enquête d’une inspectrice sur une bavure policière lors des manifestations des Gilets jaunes. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2025, le film a décroché quatre nominations aux Prix Lumières 2026, dont celles du meilleur film, de la meilleure mise en scène, du meilleur scénario et de la meilleure actrice pour Léa Drucker.

DOSSIER 137 - Bande-annonceDOSSIER 137 – Bande-annonce

Une immersion documentaire inédite

La genèse du film trouve sa source dans une opportunité exceptionnelle : le succès de La Nuit du 12 a permis à Dominik Moll de contacter des responsables du ministère de l’Intérieur pour obtenir une immersion au sein de l’IGPN parisienne. Cette plongée dans la police des polices révèle une institution aux prises avec des contradictions : si les enquêteurs se montrent implacables face à la corruption, les affaires de maintien de l’ordre s’avèrent bien plus complexes à traiter. Le réalisateur et son coscénariste Gilles Marchand ont ainsi pu observer le travail méticuleux de reconstitution des événements à partir des multiples sources vidéo disponibles.

Le montage comme outil narratif

Contrairement aux polars conventionnels, Dossier 137 fait du montage son principal outil de tension dramatique. Le film mélange formats vidéo multiples : images de surveillance, séquences filmées au smartphone par les manifestants, et reconstitutions cinématographiques qui créent un ensemble cohérent et crédible. Cette approche formelle replace le spectateur dans la position de l’enquêtrice qui découvre progressivement les éléments de preuves. L’histoire, bien que fictive, s’appuie sur des éléments authentiques issus de différents dossiers réels sans reconstituer un cas particulier.

Léa Drucker face à l’impuissance institutionnelle

La performance de Léa Drucker incarne une enquêtrice confrontée à des pressions contradictoires qui reflètent la polarisation actuelle de la société. Le personnage de Stéphanie, ancienne des stups, mène son investigation avec rigueur mais se heurte constamment à des injonctions de choisir son camp. Cette tension est renforcée par son parcours personnel : elle est à la fois policière et issue d’un milieu social similaire à celui de la famille plaignante, créant en elle un conflit identitaire profond. Drucker excelle à transmettre cette complexité morale tout en maintenant l’intensité du propos.

Une continuité thématique assumée

Trois ans après La Nuit du 12 qui avait remporté six César, Dominik Moll poursuit son exploration des institutions policières avec une approche complémentaire. Là où le premier film scrutait la masculinité au sein d’une brigade criminelle face à un féminicide non résolu, Dossier 137 adopte une perspective plus sociétale qu’imaginaire. Le choix de situer l’intrigue pendant le mouvement des Gilets jaunes n’est pas anodin : cette période a révélé des tensions sociales qui perdurent et des questions qui restent sans réponse. Le film devient ainsi un récit précis et documenté sur les rapports entre police, justice et démocratie dans une société fragmentée.

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